L'Association transports et environnement fait de la pub pour Sodastream

08.12.2017

Categories: Boycott consommateur

L'ATE prétend être une alternative progressiste et écologique aux autres associations de transport. Comment se fait-il alors que dans son dernier magazine elle publie une annonce de Sodastream et propose une campagne de promotion pour ses membres en reprennant littéralement le vocabulaire de Sodastream dans un court article?

Nous avons écrit une lettre à l'ATE expliquant le problème de Sodastream (voir ici, en allemand). Au lieu de répondre à notre critique, l'ATE se cache derrière une réponse qu’il a sollicité de Sodastream, affirmant que l'entreprise "est engagée en faveur de la paix et de la coexistence" (nous avons déjà indiqué dans notre lettre qu'il s'agit d'une stratégie de blanchiment).

On aurait pu espérer que l’ATE se montre plus cohérente par rapport à ses principes. Ce produit israélien n’est pas défendable sur le plan éthique, car son fabricant tire parti de la spoliation de terres, d’un partage de ressources inéquitable et de violations des droits humains et du droit international par Israël.

Pendant des années, Sodastream a participé à la colonisation des terres palestiniennes. De 1996 à septembre 2015, l’entreprise a produit des dispensateurs d’eau potable effervescente dans la zone industrielle Mishor Adumim de la colonie illégale Ma’ale Adumim en territoire occupé, contribuant ainsi au développement des colonies et de leur économie. L’État d’Israël et la firme de distribution d’eau Mekorot, qui approvisionne les colonies illégales, exploitent massivement l’eau de nappes et de surface (Jourdain), qui devrait revenir de droit aux Palestinien·ne·s. En Cisjordanie, un·e Palestinienien·e doit se contenter de 73 litre d’eau en moyenne par jour, alors qu’un colon illégal dispose de quelque 400 litres.

Le nouveau site de production de Sodastream est situé à l’intérieur de la Ligne verte, à proximité de la ville de Rahat, dans laquelle sont regroupé·e·s de force les Bédouin·e·s palestinie·n·es, chassé·e·s de leurs communautés et dépouillé·e·s de leur mode de vie traditionnel. A Rahat, le chômage atteint 50%. Les Palestinien·ne·s sont exclus de l’attribution de terres,  détenues en majorité par l’État, conformément aux pratiques discriminatoires de la Israeli Land Authority (ILA) et du Jewish National Fund (Fond national juif) ; de ce fait, ils/elles ne peuvent ouvrir des exploitations agricoles ou des ateliers artisanaux. Sodastream tire profit de cette main d’œuvre bédouine précarisée et ghettoisée par la politique d’Israël. L’entreprise soutient de la sorte la relocalisation forcée et les spoliations de terres dans le désert du Néguev. Les Bédouin·ne·s ne manquent pas de s’inscrire en faux contre les affirmations de Sodastream prétendant créer par charité des emplois en faveur de la population pauvre de Rahat.

Plus d’informations : https://electronicintifada.net/blogs/ryan-rodrick-beiler/Sodastream-admits-bowing-boycott-pressure

Informations  sur la répartition discriminatoire de l’eau en Israël/Palestine :

http//www.alhhaq.org/publications-index/item/water-for-one-people-only-discriminatory-access-and-water-in-the-opt

Le Comité palestinien BDS (BNC) appelle à poursuivre le boycott de Sodastream.

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